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Mardi 17 avril 2007

Regards critiques "Quand j'étais photographe... "

Le regard du commissaire de l'exposition, David Mateo.
Exposition qui a lieu en ce moment au Barrio Latino.

La photographie a été pour Ernesto « Che » Guevara, plus qu’un hobby ou un instrument dans le domaine du documentaire; elle a été aussi un prétexte pour la création.
Les images qu’il a conçues tout le long de sa vie, confirment, ne seulement la perspective esthétique que lui permet de scruter la réalité, mais aussi, la sensibilité artistique avec laquelle il arrive à le représenter.
Celui qui a suivi le parcours de son activité comme photographe depuis son début professionnel comme reporteur en 1955, jusqu’à ses derniers jours comme statisticien, découvrira une évolution de ses modes de perception et ses mises au point, ainsi qu’un perfectionnement autant dans la méthode de composition qu’au niveau de résolution technique de ses cadrages. Au-delà, on apercevra un passage graduel d’un type de photo réaliste et descriptive, vers une autre plus nuancé et subtile dans l’aspect conceptuel et formel.

La suspicion de son regard ne semblera pas vouloir se soumettre exclusivement au dessein du chroniquer et il commencera à fouiller dans d’autres subjectivités relies à l’esprit des atmosphères, aux tribulations de l’être, aux simulations visuelles des scènes urbaines et rurales.
La sensibilité qu’enveloppe sa rétine, comme lui-même le reconnaîtra à un certain moment, exercera une influence décisive et ajoutera à la réalité photographiée, - même celle d’apparente allégresse et sérénité-, un certain désarroi et un hypnotisme, avec lesquelles ses images obtiendront plus d’expressivité, jusqu'à atteindre une véritable dimension plastique.
La sublimation comme l’objet prioritaire d’une expérience de recherche et d’imagination, transcendera, une fois pour toutes, le sens originel de sa passion.

David Mateo,commissaire d'exposition , La Havane Cuba 2007

 

Exposition de Montpellier - 2002.
Le regard d'un journaliste du Monde - 23 juillet 2002.

Un photographe nommé Che Guevara.     
Le Monde. Édition du mardi 23 juillet 2002.
(Cet article fait référence à l'exposition à Montpellier en 2002)


Cent vingt photos prises par le guerillo sont exposées à Montpellier

On le voyait souvent l'appareil en bandoulière. Il avait même été pendant une brève période (en 1955), à Mexico, photographe de rue. Après sa mort, sa famille retrouva des tirages que le Che avait lui-même sélectionnés. Déposés au Centre des études Che Guevara (La Havane), certains font l'objet d'une exposition itinérante. Ils couvrent toute sa vie d'adulte, notamment les années qui précédèrent son engagement à Cuba et celles où, après le triomphe de la révolution dans l'île, il parcourut le monde comme ambassadeur itinérant de la République cubaine.

Les images originales, de très petit format, qu'elles soient en noir et blanc ou en couleurs, ont été agrandies pour l'occasion. Avec des résultats pas toujours très heureux, à rapprocher de ces films tournés en 8 mm et «gonflés» pour une exploitation en salles. On trouve dans ce choix des portraits et des autoportraits, des paysages, des souvenirs de voyage, des vues de foules et des témoignages sur l'industrialisation de Cuba: tubulures en gros plan, canalisations, lampadaires, grues...

Se souviendrait-on du Che s'il n'avait laissé derrière lui que cette poignée d'images? Les aurait-on exposées sans le profil de celui qui les a prises? Ces questions n'ont guère de sens. Le destin de Guevara est inscrit dans l'histoire du XXe siècle. Il se trouve que l'homme, par goût personnel, s'est adonné à la photographie. Qu'importe si le résultat n'est pas très différent de celui d'un amateur moyennement doué. Plus de la moitié des images montrées à Montpellier sont médiocres. Beaucoup relèvent du banal cliché de vacances (les pyramides d'Égypte, un coucher de soleil dans le désert) ou de l'inusable panoplie familiale (le fils et la fille du Che en bas âge). Mais elles permettent de reconstituer un itinéraire: adolescence en Argentine, voyages à travers le continent sud-américain, luttes à Cuba, engagement au service de la révolution mondiale.

Ce qui transparaît à travers ces clichés, c'est le regard d'un homme qui n'est pas toujours prisonnier de son engagement. Il y a aussi ce goût assez vif pour l'autoportrait ou le déguisement. On voit ainsi défiler plusieurs facettes de sa personnalité: Guevara jeune, sans barbe mais avec cravate, artificiellement vieilli et chauve, coiffé d'un chapeau et le visage dissimulé derrière des lunettes à grosses montures. Sur l'une des photos (parmi les plus réussies graphiquement) où il fixe en contrebas un bateau franchissant un canal, on aperçoit une de ses jambes. Sur une autre, le visage rasé, il semble scruter son double dans une glace, avec un rien d'angoisse dans les yeux. La photo la plus soignée, prise en contre-jour, le montre en Tanzanie. Il est de profil, le béret vissé sur la tête, un cigare aux lèvres. La pièce où il est assis est envahie par la pénombre. C'est déjà une image de légende.

 

par Gilles publié dans : En ce moment
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Commentaires

Pas mal ses photos! il aurait du continuer dans cette direction ;-)
commentaire n° : 1 posté par : Henri (site web) le: 11/04/2007 21:14:26

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